Tuesday, January 4, 2011

WANDERERS OF THE WASTELAND, ESPACE FLUX, LIEGE





Artistes:

YANNICK FRANCK (Belgique)
MARION TAMPON-LAJARRIETTE (France)
HARRI DE VILLE >> Sabrina Harri (Finlande) & Alexia de Ville de Goyet (Belgique)

Présentation:

Le projet Wanderers of the Wasteland rassemble quatre jeunes artistes dont les préoccupations se rejoignent autour d’une même thématique: celle de la frontière entre le réel et ses représentations dans le contexte de la vie contemporaine, et en particulier de l’influence de ces représentations sur notre rapport au monde.

Nous partons du constat que les systèmes de représentation actuels introduisent insidieusement dans nos vies un glissement vers une dimension dans laquelle le fantasme, l’idée figurée, hantent leur contexte même. La vie quotidienne se trouvant envahie par une surenchère d’informations qui perturbent notre compréhension du monde, stimulant constamment notre inconscient.

Nous rendons au réel une image de lui même, qui s’y fond et s’y confond de sorte que la représentation, partie intégrante du monde physique, est aussi vraie que nature. La distinction signal/bruit, devenant alors de plus en plus indéfinissable, confuse, nous amène à appréhender le monde avec une distance forcée, les choses n’étant devenue que des concepts abstraits, des idées de choses.

L’intention de ce projet est d’inviter les artistes à hanter à leur tour cette réalité, par divers artifices, en participant à ses mutations afin d’interroger les mécanismes qui l’habitent. Il s’agit ici d’avantage d’en déplacer, court-circuiter, saboter, remuer, mélanger, entrechoquer, déformer, intervertir ou encore altérer les constituants que de tenter d’ajouter encore quelque décor, situation, narration ou affirmation.

Objets détournés, matériaux diaphanes, fragments semi-abstraits d’images collectées, enregistrements de terrain altérés, voix tout juste perceptibles suspendues dans les airs forment un espace de libre association pour le spectateur, sondant ainsi cette frontière mouvante. Comme s’il était convié à l’envers du décor à des fins tant réflexives que curatives, libératoires.

Le nom du projet a été inspiré par le titre d’un film muet de 1924, réalisé par Irvin Willat et basé sur un roman de Zane Grey. Ce western est aujourd’hui officiellement recensé comme disparu, la dernière copie connue ayant été retrouvée par le cinéaste en 1971, décomposée. Le nom du film Wanderer of the Wasteland, littéralement : “le vagabond du pays du gaspillage” nous a semblé inspirant à plus d’un titre: d’abord pour les possibilités d’association avec ce qui nous préoccupe, ce “pays du gaspillage” étant ici le contexte du libre échange, la société du productivisme, de la surconsommation aveugle dans laquelle nous évoluons. Mais aussi pour les possibilités d’extrapolation qui découlent du fait de la disparition du film. Nos wanderers, ici tant les artistes que les spectateurs, sont invités à prendre part à la vie d’un espace privilégié, dans lequel le sens commun est altéré, habité par la poésie d’un légitime recyclage, d’un cathartique détournement.

- Yannick Franck